Ellipse ...
12 Mai 2004
L'électrocardiogramme affichait des vagues régulières mais encore trop faible. Au fil des secondes, ce mouvement s'atténuait.
Dans la chambre blanche de l'hôpital de Berlin, Tom pleurait silencieusement. Il tenait la main de cet être si cher à son c½ur qui allait bientôt rejoindre l'autre monde, le monde où lui-même aurait voulu aller. Cet être qu'il aimait allait le laisser seul face à son destin, face aux épreuves qui l'attendaient, face aux difficultés de la vie...
Il aurait voulu que chaque seconde passe le plus lentement possible, jusqu'au moment où son c½ur serait à nouveau déchiré. Il aurait voulu retourner dans le passé, revoir tous les gens qu'il aimait et qui l'avaient quitté.
La pendule de la chambre le frappait en plein c½ur ; chaque son qu'elle émettait le rapprochait du moment fatal, évident, inévitable.
Il sentait la main qu'il tenait faiblir. Il se mordait la lèvre pour ne pas laisser échapper un seul petit sanglot, qui aurait put parvenir aux oreilles de la personne dont la vie lui échappait.
Lentement, il se pencha sur le corps froid, et déposa un baiser sur la joue blanchit. Puis il releva la tête et contempla longuement cette beauté parfaite tandis qu'elle était encore vivante. La bouche rosit, les yeux mi-clos, laissant apercevoir leur magnifique couleur noisette... Les yeux de Tom se reposèrent sur la bouche. Cette dernière remuait lentement, cherchant à expulser une phrase, un mot ou même une malheureuse syllabe... Mais en vain...
La bouche arrêta de remuer, la main devint inerte, la poitrine ne se soulevait plus, et l'électrocardiogramme s'arrêta définitivement d'émettre une ligne ondulante, laissant la droite continue l'envahir.
Tom alors, enfin, cria sa douleur, son chagrin, sa peine.
Les larmes étaient tellement abondantes qu'il ne pouvait presque plus respirer. Cette personne l'avait maintenu en vie pendant presque trois ans, l'avait aidé à relever la tête, à vivre pour deux...
Maintenant, cet être parfait était décédé.
-Je suis désolé... dit le médecin, compatissant, en posant sa main sur l'épaule de Tom
Ce dernier tenta d'arrêter ses larmes, sans pour autant y parvenir. Puis, d'un coup d'épaule il se dégagea de l'étreinte du médecin, regarda une dernière fois le corps sans vie, inanimé, et murmurra :
-Je t'aime Grand-Mère. Prend bien soin de Bill là-haut en m'attendant, j'arrive vous rejoindre.
Depuis la mort de son frère de dix minutes son cadet, Tom avait beaucoup changé. Suivant les conseils de sa grand-mère, il avait radicalement changé de look. En effet, il avait énormément de mal à supporter de se voir dans un miroir, puisqu'il était le parfait sosie de son frère. Alors, pour ne pas le laisser sombrer dans la dépression, sa grand-mère lui avait conseillé d'adopter un autre style vestimentaire. Tom avait alors longuement hésité, puis avait opté pour un style complètement différent de ce qu'il était à l'intérieur : finit les simples jeans ajoutés au tee-shirt en coton, maintenant, il arborait des baggys et des tee-shirts XXL, pour cacher son mal-être, pour oublier son corps filiforme identique à celui de Bill. Ses cheveux à la base courts étaient dorénavant longs, dreadés, attaché en queue de cheval, et placé dans une casquette, de sorte que son visage soit transformé, qu'il paraisse plus dur, qu'il soit différent de celui qu'il aimait à avoir à l'identique de son frère.
Sa grand-mère avait misé tout espoir en Tom, de sorte qu'il accepte peu à peu la mort de son frère. Alors Tom souriait en apparence, mais pleurait à l'intérieur. Sa grand-mère le savait pertinemment, mais elle savait aussi qu'un jour Tom serait à nouveau heureux...
Tom courrait dans les longs couloirs blancs de l'hôpital, où l'odeur de vie et de mort régnait.
Il passait devant les diverses chambres ; celle où une naissance venait de réjouir une famille, celle où un enfant guérissait de sa maladie sous les yeux attendris de ses parents, celle où un homme embrassait une dernière fois son amoureuse avant d'aller au bloc opératoire, celle où, comme lui, quelqu'un venait de perdre un être cher...
Il continuait de courir aussi vite qu'il pouvait ; il voulait en finir au plus vite et rejoindre Bill, chose qu'il aurait voulu faire il y avait de cela trois ans, mais qu'il n'avait pas fait pour ne pas abandonner sa grand-mère...
Il faillit tomber en se prenant les pieds dans un fauteuil roulant où un grand-père attendait sa femme qui l'emmènerai se promener dans le parc de l'hôpital. Une infirmière le rattrapa de justesse.
-Vous allez bien ? demanda-t-elle devant le visage plus pâle que celui de la mort de Tom et ses yeux rougis et gonflés par les pleurs
Tom ne répondit toujours pas et recommença sa course, pour sortir au plus vite.
Arrivé dans le hall, il se stoppa net. Ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche s'ouvrit aussi grand qu'elle put.
A l'autre bout du hall, se tenait une silhouette longiligne. Le jeune homme à qui elle appartenait semblait paniqué et regardait tout autour de lui nerveusement.
Il avait les cheveux longs, raide, d'une couleur profondément noire. Aussi noir que ce qui encerclait ses yeux noisette, dont quelques larmes avaient dues s'échapper. Son nez fin et droit aboutissait sur des lèvres rouges et pulpeuses.
Les gens qui le voyaient devaient sûrement le prendre pour une femme à cause de son visage féminisé par quelque maquillage, ses vêtements près du corps et ses bijoux plus que voyants, mais pas Tom, non.
Il fit quelques lents pas, plus de plus en plus rapides en criant :
-Biiiill !!!
Tous les regards se tournèrent vers lui. Le regard du jeune homme aussi. Son expression de panique laissa place à l'incompréhension sur son visage.
-Bill... répéta Tom, laissant son mot se faire emporter par les sanglots
Il se jeta dans ses bras. L'inconnu le réceptionna, mais répliqua, d'une voix tremblante :
- Euh, non désolé... Moi c'est David...
Voilà le premier chapitre!
Alors?? =s
Vos impressions? N'hésitez pas, ayez l'esprit critique !!
Je vous n'aime mes lectrices adorées!!
Ps: j'essaie de trouver des images qui reflètent le chapitre
Mandoue<3